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« UN ÉCOSYSTÈME ORIGINAL DE LA VIE D’UN ARTISTE »

Posted By admin On 29 juin 2019 @ 4 h 54 min In Actus | No Comments

Le directeur Nicolas Bourriaud explique

la complémentarité d’une structure tripartite dont la terminaison est l’Hôtel des collections.
L’ouverture de l’Hôtel des collections marque l’achèvement de votre projet ?

L’ouverture de l’Hôtel des collections est la terminaison de la chaîne constituant Montpellier Contemporain avec La Panacée et l’Ecole des Beaux-Arts. Nous allons voir la dynamique que crée cette institution tripartite. Elle forme, je le rappelle, un écosystème original de la vie d’un artiste, de la formation jusqu’à la collection en passant par la production et l’exposition des œuvres. C’est aussi une institution horizontale qui traverse la ville, une courroie génératrice d’énergies et de coopérations.

Ce positionnement en centre ville est important ?

Ce projet architectural s’oppose en tout point aux grandes zigouratts que l’on construit en périphérie avec un architecte star. Ici nous sommes en cœur de ville, près la gare, dans un bâtiment historique réhabilité et profondément remaniée. Le parc a été entièrement dessiné par un artiste, Bertrand Lavier. Cet espace sera spectaculaire à sa façon.

Les volumes d’exposition ne sont-ils pas limités ?

On dispose tout de même de 1 500 m2 de surface d’exposition dont trois plateaux superposés et une enfilade de salles, sans compter les espaces dans lesquels vont intervenir les artistes : la façade, le plafond du bar conçu par Loris Gréaud, le sas d’entrée où alterneront des artistes chaque année. La liste n’est pas définitive.

Les artistes contribuent à l’évolution du bâtiment : c’est une proposition expérimentale mais fondatrice de ce projet conçu avec l’architecte Philippe Chiambaretta.

L’exposition inaugurale est une collection japonaise. Pourquoi ce choix ?

Cette collection sort des sentiers battus. On n’est pas dans les clichés du type collection Pinault et autres. Yasuharu Ishikawa n’est pas flamboyant sur le marché, il ne s’intéresse pas qu’aux stars. C’est un passionné qui a un vrai rapport aux artistes, à tel point qu’il a créé une triennale dans le sud du Japon, confiée à l’artiste Pierre Huyghe. Ishikawa a une conception de collectionneur aux antipodes des événements médiatisés.

On ne verra donc pas au MO.CO. les collections Pinault ou Arnault ?

La collection Pinault s’expose elle-même dans sa propre fondation. Ce sera aussi le cas l’an prochain à Paris de celle de Bernard Arnault. On va plutôt dévoiler des collections qui n’ont pas forcément vocation à être exposées. La richesse du réseau planétaire est immense dans le domaine des collections, qu’elles soient privées ou publiques. Après le Japon, la prochaine viendra de Russie. On aura ensuite une collection turque, puis africaine.

Le MO.CO. n’aura pas de fonds permanents ?

Non car le musée Fabre reste l’instance d’acquisition des collections des XXe et XXIe siècles. Il y a une complémentarité de fonction et d’espace avec le MO.CO. Le Musée Fabre disposera d’ailleurs au Carré Sainte-Anne de grands volumes pour l’art contemporain.

Depuis votre arrivée à Montpellier, voici trois ans, percevez-vous une appétence des Montpellierains pour l’art contemporain ?

Si l’on en croit la fréquentation de la Panacée, plus de 100 000 visiteurs par an, oui. Mais le quantifiable n’est pas forcément le plus intéressant. L’opération 100 artistes dans la ville a impliqué des gens pas forcément familiers de l’art contemporain, comme les commerçants. L’appétence est aussi celle des étudiants de l’Ecole des Beaux-Arts. L’an dernier, pour la première fois, 100 % de l’effectif a choisi de continuer ici plutôt que d’aller à Paris ou Berlin. Nous allons développer un réseau international avec d’autres écoles, comme celles de La Havane ou de Francfort, et créer des résidences à l’étranger pour les étudiants diplômés. C’est là le premier maillon de la chaîne du MO.CO. n

Recueilli par J.-M. G.
Nicolas Bourriaud est le patron du MO.CO.

RICHARD DE HULLESSEN


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