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29-06-2019

LE LONG CHEMIN D’UN CENTRE D’ART

La mise sur orbite, ce samedi, de l’Hôtel des collections, troisième étage de la fusée MO.CO., est la réalisation d’un vieux rêve de Georges Frêche accompli par Philippe Saurel après moult péripéties : doter Montpellier d’un centre d’art contemporain.

C’est la rivalité avec Nîmes et l’ouverture du Carré d’art en 1993, sous le règne de Jean Bousquet, qui stimulent Georges Frêche. L’art contemporain est le tendon d’Achille d’une politique culturelle qui brille dans les autres domaines. Une opportunité se présente avec la prestigieuse collection du marchand Yvon Lambert, un temps séduit par le couvent des Ursulines, avant de s’installer en Avignon. Georges Frêche lance alors le projet d’un « Guggenheim » sur le quartier de Port Marianne où se dessine l’avenir de la ville. Mais il faut aussi financer la grandiose mairie de Jean Nouvel et une restructuration du musée Fabre en 2007. L’art contemporain attendra, malgré le succès d’expositions organisées par Numa Hambursin au Carré Sainte-Anne.

Hélène Mandroux, devenue maire, préfère un projet muséal autour de la médecine qu’elle n’aura pas le temps de réaliser. A la présidence de l’agglomération, Jean-Pierre Moure pousse un chantier testamentaire, et très politique, laissé par Georges Frêche : un musée de la présence française en Algérie à l’Hôtel de Montcalm. Le gros œuvre est terminé, des fonds sont constitués, lorsque l’élection de Philippe Saurel à la mairie de Montpellier, en 2014, rebat les cartes. Exit la France et l’Algérie ! C’est l’art contemporain qui investira cette ancienne résidence militaire après réadaptation du chantier.

EVINCÉ À PARIS

Après quelques hésitations, et de sèches évictions, les clefs du site sont finalement confiées en 2016 à Nicolas Bourriaud. Ce critique et théoricien, éminence de l’art contemporain – il a inspiré le personnage du film The Square – se trouve alors en situation délicate à Paris. Cofondateur du Palais de Tokyo, il vient d’être évincé de la direction de l’Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts à la suite d’un jeu de chaises musicales politique. Nicolas Bourriaud suggère de coupler l’Hôtel de Montcalm (dont les volumes sont limités) avec La Panacée (alors dédiée à l’art numérique) et à l’Ecole des Beaux-Arts. Ces trois éléments composeront Montpellier Contemporain (MO.CO.), institution en trois lieux, un centre d’art « horizontal » traversant la ville. De la formation à l’exposition, en passant par la collection, le MO.CO. vise à créer une filière artistique innovante.

Ce n’est pas le Guggenheim imaginé par Georges Frêche. Mais l’air du temps a changé, les budgets aussi. Le MO.CO. s’affirme comme un centre d’art « nouvelle génération ». Avec une ambition mesurée : l’Hôtel des collections (payant) vise une fréquentation annuelle d’environ 100 000 visiteurs, équivalente à celle de La Panacée où l’entrée est gratuite.

Jean-Marie Gavalda
Après moult péripéties, Philippe Saurel accomplit

un vieux rêve de Georges Frêche.
Le MO.CO. ouvre ses portes ce week-end.

J.-M. M.

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