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17-01-2018

À LA RESCOUSSE DE LA TRIBU GWICH’IN

Nastassja Martin est anthropologue, diplômée de l’École des Hautes Études en Science sociales. Elle réalise sa thèse sous la direction de l’anthropologue Philippe Descola, professeur au collège de France et spécialiste de l’anthropologie de la nature. À seulement 23 ans elle s’envole pour l’Alaska et s’établit auprès des Gwich’in, où elle restera 2 ans. Les Gwich’in font partie des dernières populations indigènes d’Alaska à avoir été touchées par l’Occident (autour des années 1850). Peuple de chasseurs-cueilleurs, leur territoire se situe dans les forêts subarctiques, entre le nord-ouest du Canada et le nord-est de l’Alaska. À l’origine Nastassja souhaite rencontrer ce peuple dans l’espoir d’y étudier l’animisme, une cosmologie qui considère que les êtres vivants sont tous animés par une même force vitale, et détiennent une , un , semblable à celui des hommes. Mais c’est finalement par la mobilisation Gwich’in face l’Occident que l’anthropologue va devoir commencer son travail.

Lorsqu’elle arrive en territoire Gwich’in, l’ethnographe se retrouve face à une difficulté qu’elle n’avait pas envisagée. Elle se voit propulsée au sein d’une situation sociale qui, contrairement à l’image romantique et folklorique véhiculée par les médias, est en réalité assez tragique. Ce contexte de départ est pour la jeune femme déconcertant et déprimant. Perdue dans un monde qui apparaît comme les ruines du nôtre, et dont les spécificités cosmologiques semblent introuvables, Nastassja ce sont d’ailleurs les premiers mots qu’elle note tristement sur son cahier de terrain, avec lesquels elle introduira son premier chapitre.

C’est paradoxalement cette solitude face à la modernité galopante dans les régions de taïga, qui lui permettra de réaliser son enquête. Cette société lui offre la parfaite occasion de se saisir de l’une des méthodes de l’anthropologie : le dépassement de soi, l’oubli de ses pré-supposés, la prise de conscience de son ethnocentrisme. Ainsi, par leur souffrance commune, Nastassja passe de l’autre côté du miroir et se lie d’amitié avec ces hommes et ces femmes. Elle décide même de rejoindre leur combat, et d’utiliser l’anthropologie à la fois comme un moyen de connaissance mais également comme un outil pour défendre les valeurs de cette société touchée par la crise environnementale.

Les Gwich’in sont , pour reprendre les propos de l’auteure qui montre la violence culturelle qui s’est exercée sur ces gens. Un des exemples les plus emblématiques se trouve dans la sphère religieuse, où les Gwich’in se voient imposer un nouveau modèle : le christianisme (il passera notamment par l’attribution des prénoms). On retrouve dans les débats la volonté des occidentaux de faire de cette société un village sédentaire agricole.

Les Gwich’in sont très touchés par le réchauffement climatique, qui entraîne la modification de leur environnement. Ce sont cependant des chasseurs, et toute leur organisation aussi bien religieuse que politique repose sur l’existence d’animaux qui sont pour la plupart des animaux migrateurs. À l’image de notre terre, ces derniers s’adaptent aux nouvelles conditions, certains disparaissent et d’autres apparaissent sur le territoire Gwich’in. Ils en deviennent imprévisibles pour les chasseurs. Les Gwich’in ont conscience d’appartenir à un monde en transformation qui provoque des changements irréparables les privant de leur monde d’autrefois, et cela se traduit dans leurs mythes. Ainsi on a beau tenter de trouver des solutions de leur proposer des modes de vie nouveaux liés à l’agriculture, ils ne s’y reconnaissent pas. Les histoires montrent que la guerre est loin d’être terminée. On ne peut les empêcher de rêver, de chasser et d’honorer leurs ancêtres.

De sa jolie plume Nastassja Martin nous invite au voyage dans lequel elle nous dévoile le quotidien d’un peuple d’Alaska résistant éperdument à l’occident. Un ouvrage qui ne laisse pas indifférent et qui pose des questions actuelles sous le prisme d’une société qui n’est pas si lointaine de nous.

Nastassja Martin? anthropologue.

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