Direct Matin Montpellier Plus

15-03-2017

« L’HABILETÉ SOCIALE EST UTILE TOUTE LA VIE »

Amaria Baghdadli,
Quelles sont les principales étapes de votre vie de chercheur et comment êtes-vous arrivé à votre domaine de recherche ?

J’ai toujours voulu être médecin et même professeur de médecine (l’idée m’est venue à 7 ans)… Je me suis intéressée à l’autisme dès mon internat, après avoir été en 2ème année de médecine, en stage d’observation en psychiatrie, où j’ai rencontré des adultes avec de l’autisme dont la situation était dramatique par manque de prise en charge adaptée… Ma thèse d’exercice a donc porté sur le Syndrome d’Asperger (forme d’autisme sans retard). J’ai eu un DEA de neurosciences puis j’ai effectué ma thèse d’université sur l’étude des facteurs pronostiques dans l’autisme sur lesquels je travaille d’ailleurs toujours au travers de cohortes d’enfants que j’aborde de façon interdisciplinaire.

Qu’appelle-t-on l’habileté sociale ?

Il s’agit d’une capacité acquise. L’habileté sociale est principalement développée par apprentissage et elle est utile toute la vie car elle permet de démontrer un comportement socialement adapté dans une variété de contextes. Cette capacité recouvre des comportements interactifs verbaux et non verbaux.

Quelles sont les principales maladies qui empêchent sa « mise en place » ?

Les troubles des habiletés sociales ont des causes multiples et sont observés dans des conditions pathologiques/les troubles du neuro-développement, notamment l’autisme mais aussi la déficience intellectuelle ou le trouble du déficit de l’attention. Les troubles de ces habiletés sont aussi observés dans des situations où les individus n’ont pas de pathologies mais sont exposés à des conditions de vie adverses (grande pauvreté, abus..) ou encore à un environnement affectif peu sécurisant (ex : troubles de l’attachement).

Quels sont les principaux impacts des troubles des habiletés sociales pour les personnes concernées ?

Le risque en cas de perturbation est la dégradation de la qualité de vie notamment dans les domaines suivants : social et scolaire/professionnel avec des risques médicaux comme les troubles anxieux et la dépression.

Comment « enseigner » l’habileté sociale à des personnes qui, dès l’enfance, ont rencontré des troubles du développement ?

Il y a des programmes utilisant des moyens variés selon les besoins et les conditions à l’origine des troubles des habiletés sociales. Par exemple, dans le cas d’une situation sans pathologies mais anormales chez l’enfant jeune en crèche et maternelle, agressif, qui mord ou qui pousse des cris, il faut se souvenir que les enfants n’ont pas encore tous les moyens de réguler leurs émotions et interactions et que les exemples peuvent l’aider à comprendre et apprendre les comportements socialement attendus.

En cas de pathologie/l’autisme : les programmes d’entraînement des habiletés sociales qui empruntent beaucoup de technique à la thérapie comportementale et cognitive et ciblent diverses habiletés. Nous utilisons dans nos programmes des techniques comme l’observation et le modelage, les scénarios sociaux et la rétroaction. Nos programmes comptent 12 séances (1/semaine) de 1 h 30 à 2 h 00 utilement complétées par une exposition à la vraie vie après le travail en groupe.

Est-ce que l’efficacité de cette thérapie a été démontrée notamment chez les personnes atteintes d’autisme ?

Nous avons publié les résultats d’une étude interventionnelle comparant notre programme (MIA) à une intervention psychoéducative non spécifique et nous avons montré un gain chez des enfants avec autisme sans retard mental sur la qualité de vie en environnement scolaire.

Est-ce que cette pratique commence à se développer ?

Oui pour les enfants et les adultes. Dans le service nous avons plusieurs groupes de ce type, dont je crois que nous avons été les pionniers en France. Ces groupes existent aussi dans les établissements médico-sociaux et en libéral.l

Noémie Letellier

Doctorante en épidémiologie à

l’INSERM de Montpellier

Centre Rabelais, boulevard Sarrail.

Ce soir, 20 h 30. Entrée libre.

Sur montpellier.fr et Divergence FM (93.9).
Amaria Baghdadli, professeur en pédopsychiatrie.
DR

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